Entrée n°2 du blog Texas Tapes : In a rush

Texas Tapes : In a rush

J’étais là comme un con à jouer sur mon téléphone à Bubble Pop et ce type est arrivé en T-shirt Harley Davidson.

Il s’est mis à faire les cent pas en parlant tout seul, je sentais que si je risquais un eye-contact c’était mort, mais malgré ça il s’est posé devant moi et m’a demandé « Tu joues bientôt dans la région ? »

Je l’avais jamais vu, mais lui me connaissait. C’est ça le truc bizarre avec la musique, tu joues partout, tout le temps, dans des salles, dans des bars, dans des mariages même, alors les gens emmagasinent des souvenirs de toi, parfois avec une acuité folle, mais toi tu retiens rien, juste quelques impressions, de fugaces étoiles, des moments random.

Et le tutoiement évidemment, parce que tu deviens, à ton corps défendant, un intime, et pour peu que ta musique leur plaise, un ami cher.

Moi j’ai passé mon existence « In a rush », à vivre ce genre de moments, à courir partout, à me planter souvent, à essayer, à tout détruire et à tout devoir reconstruire, à me tromper de priorités, à perdre, à tenter de gagner, à ne pas voir ce qu’il y avait sous mon nez, à m’émerveiller de choses échappant aux gens normaux, à tenter de me corriger après coup, à souffrir d’être moi, à brûler mes vaisseaux, à jouer avec le feu, à cumuler les activités pour survivre, à voir des choses magnifiques dans un tas d’ordures, à pleurer de fatigue, à éclater de rire de fatigue, à aimer.

Pour revenir à Jean-Paul, il lira peut-être ce texte, d’ailleurs, car je lui ai conseillé de checker ce site, et de venir me voir avec les Scranton Stranglers le 31 mai.

Salut Jean-Paul.


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