Liancourt, des âmes perdues errent dans ce qu’il me semble être le centre-ville, il est 17h et la « scène » se monte lentement.
Aucune tonnelle, et des gouttes commencent à tomber, ce qui ne présage rien de bon quant à ce choix arbitraire (et stupide) de l’organisation.
Je vais en subir les conséquences, me dis-je, mais j’oublie ça bien vite en déballant mon matériel.
Peu avant de monter sur l’estrade, un mec un peu fort se pose sur la scène (la nôtre, donc) un peu éméché et détenteur d’un magnum de vodka (je savais même pas que ça existait).
Il nous hurle « hey les beaux gosses » trois fois avant que je le calcule, et il s’avance aussitôt pour me présenter une bande de trois allemands qui m’expliquent que l’organisateur leur a dit de se pointer là, qu’il leur faut un toit pour jouer leur musique folklorique, blablabla.
je me dis « je suis où là, en fait ? »
L’organisateur en question, évidemment, n’est pas là.
Je leur réponds des banalités, je dilue tout dans le temps et croque peu vigoureusement dans un sandwich bien blanc et sans âme.
L’organisateur arrive enfin, et tente, un peu penaud, de répondre à leurs différentes questions. Le mec à l’IMC un peu au-dessus de la moyenne le harangue, de plus en plus alcoolisé.
Aucune barrière de sécurité, aucune sécurité tout court en fait.
On monte, le public est chaud, on joue 20 minutes, et puis toute la pluie tombe sur moi, enfin nous, après tout est flou, on a bâché les choses sensibles (sauf notre dignité, qui a foutu le camp) et on a battu en retraite.
J’ai dû attraper la mort à ce moment-là, et mon Ipad a rendu son dernier souffle un peu après.
Rock’n roll is a risk.
Toute la pluie tombe sur moi…

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