Bon, ok ça n’est pas un album à proprement parler, plutôt un best-of, et même le volume 2, en plus.
Mais je m’en fous, il s’agit des Beatles, donc tout est différent, les valeurs sont autres, les couleurs du monde changent et on a le droit, du coup, de faire ce qu’il nous plaît (je mens un peu, j’ai voulu mettre le Double Blanc, que beaucoup d’hérétiques classent à tort avec le disque qui nous intéresse aujourd’hui et le Double Rouge, mais j’ai tiré à pile ou face, donc voilà).
Pas mal d’êtres humains trouvent refuge, ou la Foi, dans la Bible, ou le Coran, grand bien leur en fasse, moi tout cela je l’ai trouvé ici, dans cette collection bigarrée et folle de chansons (doit-on encore utiliser ce terme ?) insensées. Le début : rien moins que « Strawberry Fields Forever ». On parle de mecs qui, encore cinq avant, chantaient « Love me do ». Là, intro au mellotron, mélodie planante, aux arrangements sublimes, qui tirent au fur et à mesure du titre vers le menaçant, on nage dans un truc cotonneux, proche du rêve éveillé. Fin mythique, paroles dans l’éther, puis BAM « Penny Lane ». Il existe peu de chansons pop au monde aussi sublimes.
Tout le reste est hallucinant, et le mot est faible (ce son de basse sur « With a little help from my friends », ARGHHHHHHH), et c’est peu dire que cette collection terrassante a changé ma vie, la preuve en est qu’en ce moment l’un de mes grands projets est de transformer mes vieilles cassettes où je m’enregistrais dans ma chambre en fichiers MP3, pour retrouver la toute première chanson que j’ai composée, une espèce de copie de « Here comes the sun » un peu maladroite, mais je crois bien que c’est à ce moment que j’ai commencé à voir la Lumière.

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